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Appel à projets ICCER : 2 projets lauréats Nantes Université

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Le partenariat stratégique mis en place par la Région des Pays de la Loire avec l'ANR (Agence Nationale de la Recherche) depuis plusieurs années ainsi que deux rapports du GIEC régional (2022 et 2023) ont été le déclencheur, fin 2023, d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) sur la thématique de l'impact du changement climatique sur les écosystèmes régionaux.

Suite à cet AMI, l'Appel à projet Impact du Changement Climatique sur les Écosystèmes Régionaux (ICCER) a été lancé le 4 novembre 2024, en collaboration avec l'ANR, la Région Normandie et la Région Sud, couvrant trois grands domaines :
  • Préservation et restauration des ressources naturelles (eau, biodiversité...);
  • Adaptation face aux risques climatiques et aménagement du territoire ;
  • Santé, inégalité et psychologie du risque.
34 projets ont été reçus, dont 14 en coordination par un laboratoire des Pays de la Loire avec, au final, six projets ligériens lauréats dont 2 projets portés par Nantes Université.


Félicitations à Anne CONGARD (LPPL - Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire) et Eric BEUCLER (OSUNA - Observatoire des Sciences de l'Univers Nantes Atlantique), lauréat·es de l’appel à projets ICCER !
 


Anne Congard

ECO-MSP : Renforcer les systèmes de santé et la résilience en santé mentale face aux crises environnementales à travers un accompagnement des maisons de santé pluriprofessionnelles

  • Subvention régionale : 149 300€
  • Durée du projet : 24 mois
  • Résumé du projet :
Les crises environnementales représentent une menace majeure pour la santé humaine, avec environ 20 % des décès en Europe attribués à des causes environnementales selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans la région Pays de la Loire, le changement climatique a aggravé des problématiques telles que les événements climatiques extrêmes, la hausse des températures et la dégradation environnementale à long terme. Ces phénomènes affectent de manière disproportionnée les populations vulnérables, notamment les agriculteurs, pêcheurs, forestiers, professionnels de l’environnement et jeunes. Ces perturbations intensifient les défis psychologiques tels que l’éco-anxiété, le stress chronique et des troubles mentaux comme le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Pourtant, les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), qui jouent un rôle clé dans la santé communautaire, restent insuffisamment préparées pour faire face à ces nouveaux enjeux.

Le projet ECO-MSP, piloté par le Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (LPPL), spécialisé en psychologie de l’environnement, bénéficie de l’expertise du Centre Nantais de Sociologie (CENS), spécialiste des systèmes de santé, ainsi que du soutien de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Pays de la Loire. Ces partenaires visent à répondre à ces problématiques à travers deux volets complémentaires.
 
  1. Le premier volet se concentre sur l’évaluation des besoins spécifiques en santé mentale des populations à risque grâce à une approche mixte. Des techniques qualitatives (groupes focus, entretiens) et des outils quantitatifs (enquêtes) permettront d’évaluer le stress, l’anxiété et la vulnérabilité aux éco-émotions. Une étude longitudinale explorera les impacts psychologiques des variations saisonnières et des événements climatiques extrêmes, afin de guider le développement de stratégies de santé mentale adaptées.
  2. Le second volet adopte une démarche de recherche-action pour adapter les systèmes de soins locaux aux risques environnementaux. En collaboration avec dix MSP et d’autres parties prenantes (collectivités territoriales, associations de patients), ce volet prévoit des campagnes de sensibilisation et des formations pour les professionnels de santé sur les impacts des crises environnementales. Les parties prenantes co-construiront des plans d’action intégrant des pratiques durables et des interventions sanitaires. Ces plans incluront des protocoles pour gérer l’éco-anxiété, soutenir les patients vulnérables et assurer la continuité des soins lors d’événements climatiques extrêmes. L’approche participative garantit l’inclusion de perspectives diverses et renforce la collaboration entre MSP, collectivités et organisations communautaires.

Ancré dans le cadre « One Health », qui met en avant les interconnexions entre la santé humaine, animale et environnementale, ECO-MSP utilise une méthodologie interdisciplinaire mobilisant des psychologues, sociologues et spécialistes de la transition écologique. Cela permet au projet de relever les défis en santé mentale tout en réduisant l’empreinte écologique des pratiques de soins. Les résultats attendus incluent une résilience renforcée des MSP, une amélioration des soins mentaux et physiques, et l’adoption de pratiques durables dans les systèmes de santé. En proposant un modèle reproductible et évolutif pour intégrer la santé environnementale dans les systèmes de soins locaux, ECO-MSP ambitionne d’accompagner les professionnels et les communautés dans la réponse aux crises environnementales tout en contribuant aux avancées scientifiques à l’intersection des sciences de la santé et de l’environnement.

 

Eric Beucler

Receipt : Liens entre érosion côtière et mesures géophysiques à terre

  • Subvention régionale : 233 060 €
  • Durée du projet : 36 mois
     
  • Résumé du projet :
Le changement climatique en cours, responsable d'une activité océanique croissante, accentue le phénomène naturel d'érosion des côtes. Cela entraîne des dégâts matériels importants dans les zones littorales particulièrement peuplées. Un des freins à l'aménagement des côtes pour plus de résilience est la difficulté de mesurer de façon fiable l'intensité des événements climatiques extrêmes et la méconnaissance de l'impact en termes d'érosion. Un phénomène de grande ampleur comme une tempête peut avoir des conséquences très différentes sur une côte en fonction de sa nature (sableuse ou rocheuse), de son exposition et/ou de sa morphologie.

En plus des données actuellement accessibles pour mesurer en mer les mouvements de l'océan (bouées instrumentées), il y a dans les terres de nombreuses mesures accessibles en continu. Les données météorologiques sont les plus connues mais les instruments géophysiques (géodésie, gravimétrie, sismologie) fournissent également des informations fiables, calibrées et potentiellement très pertinentes. Bien que peu utilisé, le signal sismique continu est, par exemple, très fortement affecté par la houle océanique qu'elle soit loin ou proche des côtes et ce, dans une large gamme de fréquences. Cependant, dans la très grande majorité, pour éviter une contamination du signal sismique par les vibrations causées par la houle, les stations sismologiques sont installées loin dans les terres, ce qui limite la compréhension du phénomène. En revanche, lorsque des sismomètres sont Installés à quelques km des côtes, toute vibration du sol causée par l'agitation océanique est enregistrée sous forme d'une énergie diffuse. Cela signifie qu'avec des méthodes de traitement du signal novatrices et adaptées il serait possible de mesurer à chaque instant, de façon parfaitement calibrée, l'énergie sismique reçue à terre en différents points pour arriver à localiser les sources et à suivre l'évolution spatio-temporelle du phénomène.

Le projet Receipt se propose d'utiliser les capteurs géophysiques des différents réseaux permanents, de les densifier temporairement dans les zones cibles, proches des côtes, afin de confronter ces mesures acquises à terre avec celles des bouées et marégraphes et également avec des mesures de l'érosion réalisées directement in-situ sur les côtes et par télédétection. Il se divise en :
  • une étude rétrospective pour mieux comprendre l'érosion sur les côtes due à la succession de tempêtes de l'automne 2023 (Celine, Ciaran, Domingos...), enregistrées par tous les capteurs sismiques en place à l'époque, les mesures directes et les relevés Lidar
  • une analyse des prochaines tempêtes à travers une campagne d'acquisition inédite à l'échelle du littoral ligérien et normand. Durant deux hivers et un été l'énergie sismique due à la houle, dans une large gamme de fréquences, les déformations du sol associées (mesurées par des capteurs géodésiques et gravimétriques), viendront apporter des données uniques pour quantifier et suivre les événements climatiques qui auront lieu. Des mesures de l'érosion in-situ dans différentes zones (3 dans la Région Pays-de-la-Loire et 2 en Normandie) viendront compléter les mesures Lidar et photogrammétriques aériennes.
Pour prendre en compte la complexité de ce phénomène sans cesse en mouvement et ubiquité, une nouvelle approche de traitement de données sera développée durant ce projet. Cela devrait permettre de déterminer la fonction de transfert entre les signaux géophysiques enregistrés pendant un événement climatique (depuis sa formation jusqu'à sa disparition) et l'érosion à différentes échelles spatiales. Le but est de documenter un phénomène complexe et mouvant, se reproduisant néanmoins chaque année, afin de tenter de mieux comprendre les liens entre énergie océanique et érosion et ainsi, année après année, arriver potentiellement à anticiper les zones qui pourraient être les plus affectées lors des futurs événements climatiques extrêmes.

 
Mis à jour le 06 octobre 2025.